Commémoration de la libération de Belfort
Rappel historique par le colonel (H) BAILLY René, Délégué Général du Souvenir Français pour le Territoire de Belfort.

Ce rappel historique a été validé par l'aspirant Jean DELVIGNE, le 1er soldat français à entrer dans Belfort le 20 novembre 1944.

Cérémonie du samedi 24 novembre 2007 à 15h15 devant la Plaque des Commandos d'Afrique rue de la 1ère Armée Française à Belfort

Il y a 63 ans, dans la nuit du 19 au 20 novembre 1944 les 1 200 hommes du groupe de commandos d'Afrique du lieutenant-colonel BOUVET, après avoir franchi vers 1h30  du matin le canal de Montbéliard à la Haute-Saône à l'écluse de Châlonvillars, grimpent vers le sommet du Salbert pour s'en emparer en s'infiltrant dans le dispositif ennemi. Vers 6 h 30 le détachement de tête, 45 Commandos avec le chef de bataillon DUCOURNAU, atteint le fort après avoir parcouru 4 km à l’intérieur des lignes ennemies. Il constate  avec surprise que les Allemands ont abandonné le fort. C'est qu'en effet le bataillon de mitrailleurs allemands, prévu pour la défense du fort, a été retiré 3 jours auparavant pour être engagé devant Héricourt où il a été taillé en pièces.

Dans le matin naissant les commandos contemplent à leur pied l'Alsthom et Belfort encore occupé. C'est tentant d'aller libérer la ville.

A cette même heure les blindés du 6ème Régiment de Chasseurs d'Afrique sont bloqués à Châlonvillars par le fossé antichar qui double le canal. Le bulldozer, appelé pour combler le fossé, va être arrêté par un tunnel qu'il ne pourra pas traverser pour 5 cm manquant en hauteur.

L'aspirant Jean DELVIGNE avec sa section, et accompagné de son commandant de Commando le capitaine Paul MÉTIVIER, partent en reconnaissance au pied du Salbert. A 7 h 30 les 27 commandos, marchant sur 2 files, pénètrent dans CRAVANCHE où une fusillade éclate. Les Allemands se replient en direction de BELFORT. Le panneau indicateur de BELFORT n'est plus qu'à quelques mètres. L'aspirant DELVIGNE, à la tête de sa section, est le 1er soldat français à entrer à Belfort depuis 4 ans. Il est 8h quand la section DELVIGNE prend position  ici devant le mur d'enceinte de l'Alsthom. L'aspirant DELVIGNE pousse alors, avec sa section, une reconnaissance d'abord dans l'usine, guidé par un ingénieur de l'Alsthom Richard de la HARPE, puis effectue un raid dans Belfort jusqu'à l'usine à gaz. Mais il est contraint, non sans mal, de regagner son point de départ, en longeant la voie ferrée, en raison de l'arrivée d'un bataillon ennemi qui essaie de le coincer.

Pendant ce temps, depuis 9h30, la section de l'aspirant Jacques RASCOUAILLES, qui a été appelée par le capitaine MÉTIVIER,  tient le pont du chemin de fer. Vers 11 h elle subit une violente attaque d'une unité de la Wehrmarcht appuyée par les tirs d'un canon automoteur. Deux marocains, le caporal BOUCHAÏB Ben  ABDELSLEM et le volontaire LAHOUCINE ben BOUJEMAA sont les 2 premiers soldats tombés dans Belfort pour la libération de la ville. Jusque vers 15h30  les 2  sections de commandos d'Afrique résistent à tous les assauts ennemis mais les forces des combattants et  leurs  stocks  de munitions s'épuisent.

Alors que leur situation devient de plus en plus précaire les commandos perçoivent avec soulagement des bruits de chenilles. Ce sont bien les chars du 6ème Régiment de Chasseurs d'Afrique, qui depuis le matin étaient restés bloqués à 3 km de là,  et qui ont piqué sur Cravanche en longeant le Salbert par le bas, précédés à dix minutes, par la section de l'aspirant Raymond MUELLE du 1er bataillon de choc de Gambiez. Les Allemands se replient, le pont du chemin de fer est enfin dégagé, les chars gagnent l'avenue Jean Jaurès  où nous allons les suivre.

Entre les 20 et 22 novembre 1944 le groupe de commandos d'Afrique paiera un lourd tribu pour la libération de Belfort : 40 commandos, dont 6 officiers, tomberont pour la libération de la ville. Parmi eux le jeune Robert MAZET, 20 ans, si joyeux en entrant dans Belfort le 20 novembre, juste derrière l'aspirant DELVIGNE, et qui sera tué, à ses côtés, le surlendemain 22 novembre au Martinet à Offemont. Quant à l'aspirant Jacques RASCOUAILLES il sera tué 2 mois plus tard le 21 janvier 1945 au cours du terrible combat des commandos dans la forêt de NONNENBRUCH devant Cernay.

Dernière modification 21/01/2008 14:53.
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