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Situé
au nord-est de la région Franche-Comté, le département du
Territoire de Belfort est le fruit d'une histoire originale. Du fait
de sa situation stratégique entre Bourgogne et Alsace, le Territoire
fut longtemps une terre de conflits, comme en témoigne le lion de
Belfort sculpté par Bartholdi en mémoire de l'héroïque résistance
de la ville lors du siège de 1870.
Aujourd'hui,
de part sa situation frontalière avec la Suisse et avec l'arrivée
prochaine du
TGV, le Territoire de Belfort retrouve sa vocation traditionnelle de
lieu
d'échange entre vallée du Rhône et vallée du Rhin, entre l'Europe
méditerranéenne et l'Europe rhénane.
Histoire:
C'est
en 1226 que Belfort fut mentionnée pour la première fois dans le
traité de paix de Grandvillars. Pendant cette période dont peu de
traces subsistent, le Territoire de Belfort a été l'objet de la
rivalité des ducs de Bourgogne et des seigneurs d'Alsace. A partir
de 1350, il devient possession autrichienne. C'est en 1648, avec le
traité de Westphalie mettant un terme à la guerre de trente ans,
que le Territoire de Belfort intègre le royaume de France. La ville
devient alors une pièce essentiel du dispositif défensif de la
France sur son flanc est. Au cours des trois siècles suivants,
Belfort fut ainsi éprouvée par de nombreux sièges. Dès 1687, des
travaux de fortification s'engagent sous l'égide de Vauban, tandis
que la ville connut une croissance rapide.
Après
la Révolution, Belfort et ses environs sont intégrés au
département du Haut-Rhin. A la fin du premier empire, la ville subit
deux nouveaux sièges (1813-1814 et 1815). A leur suite, le général
Haxo modernisa les fortification entre 1823 et 1841.
Au
cours de la guerre de 1870, après l'invasion de l'Alsace, Belfort se
retrouve en première ligne des hostilités. Défendue par
Denfert-Rochereau, commandant supérieur de la place, elle est
assiégée par les troupes prussiennes du 2 novembre 1870 au 13
février 1871. Au terme d'une résistance héroïque, le gouvernement
de défense nationale ordonne à Denfert-Rochereau de livrer la
place, alors qu'une convention d'armistice venait d'être signée
avec la Prusse. Le Lion
de Bartholdi
célèbre encore aujourd'hui le
souvenir de ce fait d'arme.
Grâce
à cette résistance et à l'habileté de Thiers, le gouvernement
français obtient, dans le traité de Francfort du 10 mai 1871, de
conserver Belfort et ses environs au sein de la République, tandis
que l'Alsace et la Lorraine sont annexés à l'Empire allemand.
Après
1870, le statut du Territoire de Belfort demeura indécis. Les
autorités refusant de reconnaître l'annexion de l'Alsace, le
Territoire de Belfort continua d'être considéré comme partie du
département du Haut Rhin, un « administrateur faisant fonction
de Préfet » étant nommé à sa tête.
Cette
période fut néanmoins marquée par l'essor industriel du Territoire
et la croissance rapide de Belfort. De nombreux entrepreneurs
alsaciens se replient alors sur la ville. Ainsi, en 1872, la société
alsacienne de construction mécanique,
déplace une partie de ses activités sur Belfort, jetant les bases
de l'actuelle société Alstom.
Après
1918, en dépit de la réintégration de l'Alsace et de la Lorraine,
le Territoire de Belfort ne fut pas rattaché au département du
Haut-Rhin et devint le 11 mai 1922 le 90e département français.
Aujourd’hui,
le Territoire de Belfort a conservé de nombreuses traces de son passé
militaire, à commencer par la citadelle et les remparts qui enserrent
la
vieille ville. Par ailleurs, Belfort accueille toujours le 35e
Régiment d’Infanterie ainsi que le 1er Régiment
d’Artillerie.
Géographie:
D'une
superficie de 609 km², le Territoire de Belfort s'étend dans la
dépression (appelée « trouée de Belfort ») séparant
les massifs des Vosges et du Jura, à la limite entre les bassins
hydrographiques du Rhône et du Rhin. Bien qu'il soit le plus petit
département de France à l'exception des départements de la région
parisienne, le Territoire de Belfort présente une grande diversité
de paysages. Il se divise en trois entités géographiques:
-
Au nord, le pays sous-vosgien, autour de Giromagny
et Rougemont-le-Château, dominé par le Ballon d'Alsace, dont la partie
sommitale est située dans le département, qui culmine à 1248m.
-
Au sud, le plateau de Croix, autour de Beaucourt,
Delle, Saint-Dizier l'Evèque, qui constitue l'extrêmité nord du massif
jurassien
-
Au centre, la trouée de Belfort et le sundgau
belfortain, qui occupent les deux tiers de la superficie du
département, autour des vallées de la Savoureuse et de l'Allaine. Ces
plaines sont parsemées d'étangs et de marais qui abritent une faune et
une flore nombreuse, dont l'étang du Malsaucy constitue le plus
important.
Population:

La
population du Territoire de Belfort s'élève aujourd'hui à 144 659
habitants (INSEE 2009), pour une densité de population de 231,7
habitants au km², soit une densité bien supérieure à la moyenne
nationale (113 habitants/km²). Après une augmentation spectaculaire
de la population jusqu'en 1975, la croissance démographique a
ensuite fléchi pour reprendre à partir de 1990. Entre 1999 et 2006,
la population du département a cru en moyenne de 0,39% par an,
soit moins que la moyenne nationale (0,70%). Aujourd'hui,
cette croissance
s'effectue essentiellement dans les communes périurbaines, au
détriment des centres urbains.
Les
moins de 25 ans représentent 25,5% de la population du département,
soit légèrement plus que la moyenne nationale (24,9%). Les 60 ans
et plus représentent 19,3% de la population. Leur proportion est
appelée à augmenter dans les prochaines décennies du fait du
vieillissement de la population.
Economie:
Une
tradition industrielle forte, malgré les restructurations des années
1980 et
1990
Le Territoire de Belfort se
caractérise par une présence
industrielle importante et ancienne, notamment dans les domaines de la
mécanique et de l'électromécanique. Dans les années 1970 et 1980,
l'industrie
belfortaine s'est appuyée sur de grandes entreprises telles que Bull,
Alstom et
Peugeot, situé sur les sites voisins de Sochaux et de Mulhouse. Belfort
a été
le lieu de grandes aventures industrielles comme le TGV. Le premier
prototype
du TGV (le TGV 001) est ainsi sorti des ateliers belfortains en 1971.
A partir des années 1980, le
secteur industriel belfortain a été touché par des mouvements de
reconfiguration et de restructurations qui ont fortement affecté
l'activité
économique du département. Elles ont été à l'origine de l’élévation du
taux de
chômage durant les années 1980 et 1990. En 1992, BULL PERIPHERIQUES
ferma son
unité de production belfortaine, 1 400 emplois étant concerné par le
plan
social. Par la suite, ALSTOM a fait l'objet successivement d'une
recomposition
d'actionnaires et de plans sociaux sectoriels. Entre 2002 et 2004, ses
difficultés ont nécessité l'intervention du gouvernement.
Un
secteur industriel centré autour de l'énergie, de l'automobile et du
ferroviaire
Aujourd'hui, si l'industrie ne
représente plus que 22,7%
des emplois (contre 26,6% à l'échelle de la région), le secteur
industriel
demeure stratégique pour le Territoire de Belfort. Il jouit de
l'implantation
d'entreprises d'envergure internationale tels que Alstom Power (1300
salariés),
Alstom Transport (680 salariés) et GE Energy Products Europe (GEEPE,
1900
salariés). Grâce à la présence d'Alstom Power et de GEEPE, un véritable
pôle de
l'énergie est en cours de constitution dans le département, alors que
ce
secteur bénéficie de perspectives prometteuses du fait du développement
de la
demande d'énergie au niveau mondial.
Par ailleurs, grâce à la proximité
du site PSA de Sochaux,
de nombreux sous-traitants et équipementiers automobiles sont implantés
dans le
Territoire de Belfort, tels que Vistéon, Lisi automobile ou encore .
Enfin, le secteur ferroviaire
est toujours représenté par
Alstom Transports. Le site belfortain est notamment en charge de la
fabrication
de locomotives destinées au marché mondial du transport de fret.
L'importance
croissante du secteur tertiaire
Malgré l'image industrielle du
Territoire de Belfort, le
secteur tertiaire a connu une importante progression au cours des vingt
dernières années, jusqu'à constituer aujourd'hui le premier employeur
du
département (73% de l’emploi salarié en 2007). Cette dynamique se
traduit par la
diversification du tissu de PME/PMI du département, moins dépendant que
par le
passé des grands donneurs d'ordre industriels.
Un
secteur agricole plus concentré
Dans le Territoire de Belfort,
l'agriculture comprend
moins de 1% des actifs du département. Le secteur agricole a connu un
fort
mouvement de concentration, le nombre d'exploitation ayant diminué de
plus de
50% depuis 20 ans, tandis que le mouvement d'urbanisation tend à
réduire la
surface disponible pour les cultures. Le secteur agricole joue
néanmoins un
rôle essentiel pour le maintien et l’entretien des paysages naturels du
département.
Par ailleurs, la forêt occupe
46% de la
surface du département et sa valorisation constitue un enjeu écologique
et
économique
important pour le département.
Culture,
tourisme et sport:
Des
évènements culturels d’envergure
Le
Territoire de Belfort présente une scène culturelle variée et
dynamique. Belfort dispose ainsi d’une scène nationale (le théâtre du
GRANIT), de différentes salles de spectacle, d’une école de musique,
d’une école d’art ainsi que du Centre Chorégraphique du
Nord-Franche-Comté, qui sont le lieu d’une activité créatrice reconnue
au niveau national.
Dans
le domaine pictural, l’offre culturelle du département comprend un
musée des beaux-arts, auquel s’ajoute depuis quelques années un musée
d’art contemporain (la Fondation Jardot), qui présente des œuvres de
Picasso, Braque ou encore Masson et Léger, issues de la collection
privée de Maurice Jardot, natif de Belfort.
Le
Territoire de Belfort accueille par ailleurs chaque printemps des
manifestations culturelles d’envergure internationale, à l’instar du
FIMU (Festival International
de Musique Universitaire), qui rassemble chaque année plus de
100 formations et près de 2500 musiciens, ou encore le Festival des Eurockéennes
de Belfort qui rassemble pendant trois jours près de 100 000
festivaliers venus écouter les meilleurs représentants des musiques
rock et électroniques d’aujourd’hui.
Tourisme:
des atouts à valoriser
Le
Territoire de Belfort recèle de nombreux atouts touristiques, notamment
dans sa partie nord. Entre le Ballon d’Alsace, le lac du Malsaucy et le
sungau belfortain, le département dispose d’une variété de paysage qui
se prête au développement du tourisme vert. Le réaménagement de la
station d’accueil du Ballon d’Alsace est la pièce maîtresse de cette
ambition.
Enseignement et
recherche:
Une offre universitaire riche
Belfort constitue l’un des pôles
universitaires les plus importants de Franche-Comté. La ville dispose
ainsi d’une faculté de droit (la faculté
Léon Delarbre) et d’une faculté de sciences (faculté Louis Neel)
faisant partie de l’Unité de Formation et de Recherche « sciences,
techniques et gestion de l’industrie de l’Université de Franche-Comté.
Un Institut Universitaire technologique (IUT) complète cette offre de
formation dans le domaine du génie thermique, de l’information, du
commerce et des filières sociales.
Par ailleurs, la Chambre de
Commerce et d'Industrie a ouvert dans les années 1980 une formation de
cadres commerciaux en créant l'Ecole Supérieure de Technologie et des
Affaires (ESTA).
Plus récemment, l’Université de
Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) a été créée en 1999 par la
réunion del'ancienne école d'ingénieurs (créée dans les années 1960) de
Belfort et l'Institut Polytechnique, installé à Sévenans en
1985. L’UTBM compte aujourd’hui plus de 2 000
étudiants.
Un secteur de la recherche en
développement
La recherche constitue également
un élément fondamental pour l'avenir du département. Ce secteur se
développe sous l'impulsion des pouvoirs publics locaux qui ont œuvré
pour la création, aux côtés de l'UTBM, d'un pôle de recherches de haut
niveau. C'est ainsi qu'à la suite des décisions du CIADT du 18 mai
2000, un pôle de recherche sur les transports terrestres a été créé et
rattaché à l'UTBM, afin de travailler notamment sur le développement de
la pile à combustible. Enfin, depuis 1993, une unité du CNET regroupant
près de deux cents chercheurs et techniciens est implantée dans le
département.
Le
Territoire de Belfort de demain:
Un futur qui s'inscrit dans le
cadre de l'Aire Urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt:
Aujourd'hui,
Belfort s'inscrit dans le cadre de l'aire urbaine Nord-Franche-Comté,
conurbation se structurant autour des pôles de Belfort, Héricourt et
Montbéliard. Avec un ensemble d'environ 300 000 habitants, l'aire
urbaine se situe comme la zone urbaine la plus importante entre
Strasbourg et Lyon. Cette identité commune s'est traduite par la
création en 1985 de l'association « Aire urbaine 2000 ». Celle-ci a été
remplacée par le Syndicat Mixte de l'Aire Urbaine (SMAU). L'aire
urbaine porte aujourd'hui des projets structurants tels que la
réalisation d'un réseau internet haut-débit pour tous.
Un
effort particulier en direction des entreprises:
A
la suite des restructurations qui ont touché les grands groupes
industriels implantés dans le Territoire de Belfort, l'Etat et les
collectivités locales se sont fortement impliqués pour maintenir et
renforcer l’attractivité du département en valorisant les terrains
industriels libérés.
En partenariat avec l'Etat, celles-ci
ont notamment initié en 2005 le projet TECHN'HOM visant à créer, sur
une surface de près de 100 hectares au cœur de Belfort, un parc
d'activité disposant d'une large gamme de services aux entreprises
(restaurants d'entreprises, garderies, wifi...), aux côtés des sites de
GE et ALSTOM. Ce site accueille pour l'heure une centaine
d'entreprises, 7 000 salariés ainsi qu'un millier d'étudiants
et
d'enseignants chercheurs au sein de l’UTBM.
Une
position stratégique renforcée par les nouveaux projets
d’infrastructure:
Hormis
l’autoroute A36 reliant Lyon et Dijon à l’Alsace, le Territoire de
Belfort se trouvait jusqu’à présent à l’écart des grands axes de
circulation européens et ne disposait pas des infrastructures
correspondant à ses ambitions en matière de développement.
Les grands projets d’infrastructure
actuellement en cours de réalisation répondent à cette exigence. Tout
d’abord, la mise en service de la branche est de la nouvelle ligne à
grande vitesse (LGV) Rhin-Rhône prévue en 2011 constitue une nouvelle
opportunité pour le Territoire de Belfort. La nouvelle liaison TGV
permettra de rallier Belfort depuis Paris en 2h30 (contre au moins
quatre heures aujourd’hui) et renforcera la position du Territoire de
Belfort sur l’axe stratégique reliant la vallée du Rhône à l’Europe
rhénane.
Afin de desservir l’Aire Urbaine, une
nouvelle gare TGV est en cours de construction au sud de
l’agglomération de Belfort, sur les communes de Meroux et Moval. Une
nouvelle zone d’activité ainsi que le futur hôpital médian viendront se
greffer autour de la nouvelle infrastructure.
Par ailleurs, la gare
TGV de Meroux sera
desservie par les TER qui seront mis en service fin 2012/début 2013
dans le cadre de la réouverture de la ligne ferroviaire Belfort-Delle.
Cette liaison permettra la reprise du trafic voyageur entre Belfort et
la Suisse. Tout en connectant le canton du Jura au réseau de lignes à
grande vitesse, elle confortera Belfort dans sa position de carrefour
entre la Suisse, le nord de l’Europe et l’axe rhodanien.
Enfin, des optimisations du réseau
routier desservant Belfort sont en cours de réalisation. Dans le cadre
de la réalisation et de la mise à niveau de l’axe reliant Paris à la
Suisse via Belfort (RN19), des aménagements sont en cours du côté
suisse comme du côté français pour achever la mise à 2x2 voies de
l’ensemble de l’axe et pour le relier au réseau autoroutier suisse. Par
ailleurs, la mise à 3x2 voies de l’A36, qui constitue l’épine dorsale
de l’Aire Urbaine entre Belfort et Montbéliard, permettra d’améliorer
sa fluidité et de faire face à la hausse prévisible du trafic
consécutive à l’ouverture de la gare TGV de Meroux et de sa zone
d’activité.
Pour
en savoir plus:
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